Site de la Bouquerie > Poissons d'Avril 2004
Article Sud-Ouest du 2 Avril 2004
Des farces fidèles à la tradition|
:Gaëlle Richard |
![]() |
|
Au théâtre, une pin-up nue annonçait, hier matin, pour le 10
avril, un strip-tease |
Certains n'y
pensaient même plus, d'autres, au contraire, attendaient avec une
impatience enfantine ce matin de 1er avril. Il n'aura fallu que
quelques heures pour les nouvelles fassent le tour de la cité comme
une traînée de poudre. Traditionnellement, depuis une vingtaine
d'années, les inventeurs du festival européens des bandas laissent
libre cours à leur imagination taquine pour habiller la ville à leur
guise dans la nuit du 31 mars au 1er avril. La galéjade ne prend
forme qu'au dernier moment, « pour mieux garder le secret » assurent
les farceurs professionnels. « On y pense, on y réfléchit un peu à
l'avance chacun de son côté. Puis on se réunit à deux ou trois les
derniers jours de mars pour décider de ce que l'on va mettre en
place ».
Un lieu (presque)
secret. Le
rendez-vous est fixé aux membres du comité des fêtes de la Bouquerie
aux alentours 18 heures dans un lieu tenu (presque) secret, quelque
part à la sortie de Condom sur la route d'Agen. Les efficaces
petites mains du comité bouquarien disposent de tout le matériel
nécessaire aux canulars. Car, plus que de simples blagues, ceux qui
ont étendu la renommée de leur ville à toute la France en faisant
tomber sur Condom la station Mir en 1999 selon les prédictions de
Paco Rabanne, réalisent de véritables mises en scène.
Ainsi, dans leur fief, à
la Bouquerie, la façade du théâtre annonce une soirée des plus
étonnantes puisqu'elle promet un strip-tease vendredi 10 avril au
même endroit. Le mannequin féminin, qui ne manque pas de ravir,
visiblement, les quelques clients attablés à la terrasse du PMU car
il est simplement vêtu de deux étoiles bleues posées sur la poitrine
et d'une mini-culotte rouge annonce la couleur. « Mais c'est vrai ça
? » demandait un quinquagénaire à son voisin de table. De l'autre
côté de l'eau, au début de la rue des Armuriers, la pharmacie « Mumu
» a poussé dans la nuit. La patronne des lieux, qui vend
habituellement des vêtements pour enfants, a découvert dès
l'ouverture sa nouvelle fonction. Un panneau vert et blanc donc le
graphisme reprend à l'identique celui des établissements officiels
côtoie les publicités pour médicaments. « Ce matin, le livreur qui
venait à Condom pour la première fois, s'est demandé dans quelle
ville il était tombé ! » C'est finalement au pied du monument aux
morts, au bout de la rue Gambetta qu'a pris place la fourrière
municipale. Très pratique, en plein centre ville, les tarifs sont
affichés sous les insignes de la Bouquerie. Un camion de dépannage
chargé d'un véhicule attendait hier ses collègues. « Mercredi soir,
raconte l'un des plaisantins, il ne restait plus aucune place sur le
parking, on ne savait pas où installer le camion ». D'ailleurs le
véhicule de Gisèle Biémouret, conseillère générale, a bien failli
tester cette nouvelle fourrière.
Dès maintenant, certains
vont commencer à réfléchir aux canulars de l'année prochaine. « Car
nous n'avons pas toujours le temps ou la même inspiration »...